International Astronautical Congress-Washington

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Interview avec Yoann Buathier, consultant R&D et microbiologie


Bonjour Yoann, avant de nous expliquer ta participation à ce prestigieux congrès, peux tu nous expliquer ton parcours?

Avec plaisir, après un DUT Génie Biologique, j’ai obtenu un Master en Microbiologie. Par la suite, j’ai travaillé pour une entreprise spécialisée en biotechnologies, qui a développé une expertise pour renforcer la sécurité microbiologique liée à la production de produits alimentaires. J’ai intégré Caduceum en tant que consultant en R&D et microbiologie, il y a presque deux ans et, depuis mai 2018, je suis en mission chez bioMérieux à Marcy-L’Étoile.

Sur quel type de projets travailles-tu ?

Chez bioMérieux, je travaille pour le programme Dry Microbiology Innovation. La mission de notre équipe est de développer des outils de diagnostic innovants et différenciant de la microbiologie dite « conventionnelle » (basée sur la célèbre boite de Pétri). Depuis mon arrivée dans l’équipe, j’ai principalement travaillé sur le développement de deux outils de contrôle microbiologique de la qualité de l’eau. Ces projets sont co-financés par le CNES (Centre National des Études Spatiales) intéressé pour développer des applications spatiales pour ces nouveaux dispositifs, lors de vols habités vers Mars par exemple. Nous travaillons aussi avec la NASA, qui a également montré un intérêt certain pour l’utilisation de ces dispositifs.

Quelle est ta semaine type ?

En innovation il n’y a pas de semaine type. On avance étape par étape, au gré des résultats obtenus en suivant nos hypothèses de départ. Si les résultats ne sont pas ceux attendus, il faut comprendre pourquoi, identifier les dysfonctionnements qui ont pu mener à ces résultats. Un travail régulier de réflexion est mené en équipe, ainsi qu’avec le CNES et nos autres partenaires sur le projet, pour établir un nouveau plan d’action. Notre temps est partagé entre le laboratoire et le bureau, où l’on consacre une partie de notre temps à préparer ses manipulations et traiter les données obtenues, qui permettent de valider l’avancement.

Pourquoi as tu participé à ce congrès ? Dans quel but ?

Grâce à notre travail collaboratif avec le CNES, ainsi que pour la NASA, nous avons rédigé une publication scientifique et avons été sélectionnés pour une présentation orale à un congrès spatial, l’International Astronautical Congress,qui s’est tenu à Washington en octobre dernier. L’objectif était de présenter le fruit du travail accompli aux différentes agences spatiales présentes, ainsi qu’aux industriels du secteur, pour informer et construire de futures collaborations.

Quel est ton ressenti ? Et les retours suite à la présentation ?

Il y avait plus de 6000 participants présent, tout était démesuré et impressionnant en même temps. Ce congrès est une expérience unique, qui a permis de développer des interactions fructueuses avec d’autres agences spatiales nationales, des compagnies privées et même l’armée. C’est toujours très gratifiant de voir l’intérêt que peut susciter son travail auprès d’autres professionnels, encore plus lorsqu’ils travaillent pour l’espace.

Quel a été ton moment préféré et quelles difficultés as-tu rencontré ?

Le meilleur souvenir que je garderai de cette mission, c’est la participation à une campagne de vols paraboliques, en avril dernier près de Bordeaux. Pour notre dispositif, c’était l’occasion d’évaluer ses performances et sa facilité d’utilisation dans des conditions spatiales, c’est-à-dire soustrait de tout phénomène modifié par la pesanteur. Pour notre équipe, c’était une occasion incroyable de vivre le rêve de l’astronaute, de voler en apesanteur… et de rencontrer Thomas Pesquet

La plus grande difficulté rencontrée a été au début de la mission, lorsqu’il a fallu intégrer les exigences de spatialisation et qualité des agences spatiales, afin de garantir la sécurité d’un dispositif qui contient des micro-organismes vivants. Il a fallu assimiler ces contraintes pour concevoir et adapter la pratique de la microbiologie à un environnement confiné.

Merci Yoann pour ce moment de partage en « apesanteur »