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06.2026

Actualités sectorielles

Gestion des pénuries de traitement en Europe : Quelles sont les stratégies durables envisagées actuellement ?

Les pénuries de médicaments ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur fréquence et leur impact se sont intensifiés ces dernières années. La crise du COVID-19 a révélé les fragilités des chaînes d’approvisionnement mondiales, tandis que des tensions géopolitiques, des ruptures logistiques et des dépendances excessives à l’Asie pour les principes actifs (API) ont aggravé la situation. Parmi les médicaments les plus touchés, on retrouve les antibiotiques (amoxicilline, pénicilline), les antidépresseurs, les traitements contre le diabète (metformine) et certains médicaments essentiels en oncologie. En décembre 2024, deux tiers des officines françaises étaient en rupture de stock d’amoxicilline pédiatrique, qui représentent à eux seuls 60 à 70 % des prescriptions dans cette catégorie, selon l’ANSM.

En 2023, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament a recensé en tout plus de 3 000 signalements de ruptures ou risques de rupture en France, un chiffre en hausse constante. Ces pénuries ont donc des conséquences directes sur la santé des patients, mais aussi sur la confiance dans le système de soins.

Pourquoi ces pénuries existent-elles ?

Plusieurs facteurs expliquent cette situation :

  • Par la dépendance aux importations : Plus de 80 % des principes actifs (API) utilisés en Europe proviennent d’Inde et de Chine, où les coûts de production sont plus bas. Cette concentration géographique expose les chaînes d’approvisionnement à des risques majeurs (fermetures d’usines, restrictions à l’export, etc.) et fragilise la souveraineté européenne. Cependant, depuis ces dernières années, on voit réapparaître des lignes de production sur le sol européen pour les princeps et certains génériques stratégiques.
  • Par des problèmes logistiques et réglementaires engendrant des tensions sur les matières premières : Les retards dans les certifications, les contrôles qualité ou les transports/guerres (crise du canal de Suez, guerre en Ukraine et plus récemment la crise du Détroit d’Ormuz) perturbent les livraisons.

Comment ces crises ont-elles été gérées ?

Face à l’urgence, plusieurs mesures ont été mises en place :

  • Un renforcement des stocks stratégiques : Certains pays, comme la France ou encore la Suède, ont renforcé leurs stocks de sécurité pour les médicaments critiques (ex. : paracétamol, adrénaline).
  • Une relocalisation partielle, notamment pour les API et les princeps, comme annoncé par plusieurs laboratoires qui investissent actuellement en Europe et notamment en France (ex. : site de production de pénicilline à Brindas – 69-) afin de faire revenir princeps et génériques.
  • Une collaboration public-privé : L’ANSM et l’Union européenne ont accéléré les procédures dernièrement pour autoriser des alternatives thérapeutiques en cas de rupture.
  • Une optimisation des chaînes logistiques : La mise en place de plans de continuité d’activité (PCA) pour anticiper les crises a été réalisée par plusieurs laboratoires afin d’éviter toute pénurie de traitements stratégiques.

Cependant, ces solutions restent souvent réactives plutôt que préventives, pour le moment.

Quelles stratégies durables pour l’avenir ?

Pour éviter de nouvelles pénuries, une approche structurelle et collaborative semble nécessaire et se met actuellement en place :

  1. En renforçant la souveraineté industrielle : par la relocalisation de la production d’API et de princeps : plusieurs laboratoires, lors de Santexpo 2026, ont confirmé leur intention de ramener en Europe la production de certains princeps, notamment en oncologie et en maladies chroniques, grâce à leurs investissements dans des usines modernes et flexibles, capables de répondre rapidement aux besoins. De plus, l’État français a réaffirmé durant ce salon son soutien aux usines 4.0, avec un fonds dédié à la modernisation des sites de production.
  2. En diversifiant les approvisionnements grâce à une approche multi-sourcing,
  3. En réalisant des partenariats stratégiques, notamment entre laboratoires, comme le consortium européen “Medicines for Europe”, pour mutualiser les risques.
  4. En anticipant les risques avec l’IA et la data, afin d’analyser les tendances de consommation et ajuster les stocks, évitant ainsi d’éventuelles ruptures.
  5. En sécurisant les chaînes d’approvisionnement en temps réel et en assurant la traçabilité de chaque produit.
  6. En encourageant l’innovation réglementaire par la simplification des procédures pour les médicaments essentiels et des incitations fiscales pour les laboratoires qui relocalisent.

Les pénuries de médicaments ne sont pas une fatalité. En combinant relocalisation intelligente, innovation technologique et coopération internationale, l’industrie peut construire un modèle plus durable. Caduceum, avec son approche centrée sur l’excellence opérationnelle et la digitalisation, joue un rôle clé dans cette transition.

La prochaine étape ? Passer de la réaction à l’anticipation, pour garantir à tous l’accès aux traitements essentiels. Et pour cela, Caduceum et l’ensemble du groupe ALTEN vous accompagnent !

Et vous, comment imaginez-vous l’usine pharmaceutique de demain ?

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